Même pas peur du recruteur !

Même pas peur du recruteur !

Ce qui fait le plus peur au chercheur d’emploi : le recruteur…

Le recruteur n’est pas un examinateur

L’article très intéressant de Patrick Richard, « Nous n’aurons plus jamais peur au travail, promis, juré ! publié le 1er Mai, m’a donné l’envie d’écrire sur cette peur qui nous envahit, non pas au travail mais avant d’obtenir ce travail, au moment de l’entretien de recrutement.

Le recruteur n’est pas un supérieur

Qui d’entre nous n’a pas connu au moins une fois cette peur irrationnelle qui nous empêche de dormir avant un entretien, nous fait tendre une main moite, nous ôte tous nos moyens et nous rend tellement moins intelligents que dans la vraie vie ?
Il est intéressant de constater que cette peur nous touche tous, quelque soient notre âge, notre profil, notre niveau d’expérience et qu’elle est déstabilisante car elle nous ramène à un état que nous pensions ne plus jamais connaître : celui de l’élève face à un examinateur…qui a peur de se tromper, d’en dire trop ou pas assez et surtout de dire une bêtise, d’être mal vu ou pas vu du tout, en un mot qui a peur d’échouer. Et pourtant, nous avons grandi depuis !

Le recruteur est joueur

Arrêtons d’avoir peur de ce « recrut’acteur » (se référer à mon précédent article « la recherche d’emploi : le plus grand jeu de société du monde) qui finalement ne fait que jouer son rôle !  Nous ne lui sommes pas inférieurs, il ne nous est pas supérieur et s’il est désagréable, il ne sera peut-être même pas notre manager, seulement  un intermédiaire. Adoptons la bonne posture, celle d’un professionnel, avec une offre de services, face à un professionnel, avec des besoins, dans une relation professionnelle basée sur l’égalité (peut-être pas celles des chances.., faut pas rêver !.). Cessons de prendre ses (ces) questions (même les plus étranges) comme faisant partie d’un interrogatoire destiné à nous mettre en difficulté. Voyons-les plutôt comme un vrai signe d’intérêt pour notre offre de services et une manière de découvrir si celle-ci correspond à ses besoins.
Bon, si cette vision positive de l’entretien et du recruteur nous est un peu difficile à adopter dans une période pas toujours positive, il existe d’autres techniques de visualisation que nos jeunes utilisent déjà quand ils passent leurs examens oraux.

Le recruteur sera lui aussi chômeur

Faisons redescendre le recruteur de son piédestal et redonnons-lui une image humaine en l’imaginant dans une situation de tous les jours : sous la douche, aux toilettes, en train de se disputer avec son conjoint, n’ayant pas dormi de la nuit à cause des ses enfants, souffrant de divers maux physiques, ayant des problèmes d’argent et des galères de travail (un manager sur le dos, des clients mécontents, des collègues agressifs, une augmentation refusée, un retard irrattrapable, des candidats qui le harcèlent, …). Pourquoi pas aller plus loin et le faire passer directement de son piédestal à un siège éjectable ? Cela lui ferait d’ailleurs le plus grand bien de connaître à son tour les joies de la recherche d’emploi : il se rendrait compte de ce que cela fait de subir un interrogatoire, de ne jamais être rappelé, d’avoir l’impression de n’intéresser personne et de ne plus rien valoir…Il gagnerait alors en empathie et en humanité et nous, nous gagnerons en confiance et aurions moins peur.
Et si cette technique ne fonctionne pas non plus, imaginons alors l’inconcevable…

Le recruteur lui aussi a peur

Imaginons que le recruteur a peur, lui aussi ! Quand on connaît sa position privilégiée, je sais bien que cela semble difficile et pourtant c’est la vérité, parole d’ancien recruteur ! Mais de quoi peut-il bien avoir peur ? Hé bien tout simplement de se tromper :  » En fonction de la famille professionnelle à laquelle il appartient, les risques qu’il encourt varient. S’il travaille pour un cabinet de recrutement, il peut craindre de commettre une erreur d’évaluation et de présenter un candidat qui ne correspond pas aux attentes de son client. La réputation du cabinet risque d’en être entachée et il peut perdre un client mécontent. S’il s’agit d’un recruteur au sein du département RH d’une entreprise, il se met en danger vis à vis des autres services en envoyant un « mauvais » candidat qui va faire perdre du temps et de l’argent à l’entreprise. C’est son image au sein de celle-ci et auprès des ses collègues qui sera malmenée. Si c’est un dirigeant de PME qui recrute pour son propre compte, il craint de faire une erreur d’évaluation pouvant avoir des répercussions importantes : perturber les équipes en place et lui faire perdre de l’argent. Bien entendu face à vous, il cachera sa peur … »(extrait de Déjouez les pièges des recruteurs).

Donc je résume : le recruteur n’est pas notre supérieur et nous ne lui sommes pas inférieurs et il a peur lui aussi, presqu’autant que nous. Il a peur de commettre une erreur de casting et nous avons peur de ne pas faire partie du casting. Nous sommes tout simplement des êtres humains tous les deux amenés à nous rencontrer voire plus si affinités professionnelles.
Alors, comme dirait Patrick Richard : « nous n’aurons plus jamais peur…promis, juré !

Christel de Foucault, consultante RH, auteure de « Déjouez les pièges des recruteurs » aux Editions Eyrolles.
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