Tie or not Tie ?

Tie or not Tie ?

Pour ou contre le port de la cravate en entretien ?

« Tie or not Tie ? That is THE question » qui revient souvent dans la bouche des candidats avant un entretien. Je ne pouvais pas passer à côté de ce sujet à l’occasion de mon premier article pour « Monkey-Tie ». Comme vous pouvez vous en douter, le second traitera du « Monkey » en entretien.

Pour l’heure, intéressons-nous à la dite cravate et à l’obligation ou non de se la passer au cou pour séduire les recruteurs.

Mesdames, vous l’avez donc compris, la suite de cet article   ne vous concerne donc pas

Alors, Messieurs, au risque de vous décevoir, je vous répondrais qu’il n’y a pas de règle concernant la cravate en entretien car cela dépend de vous mais surtout des autres, les recruteurs.
Commençons par ces derniers puisque c’est à eux que vous devrez plaire en nous arrêtant néanmoins sur un petit rappel historique : la question métaphysique de la cravate en entretien est née il y a seulement une quinzaine d’années avec l’arrivée d’Outre Atlantique de ces fameux « casual fridays » autorisant les salariés à venir au bureau en tenue informelle, le vendredi, barbus et sans cravate, mouvement généralisé à tous les jours de la semaine dans les start-up.
Avant cette révolution, personne ne se posait la question de la cravate en entretien puisqu’il était déjà inconcevable de travailler sans. En bonne quinqua que je suis, j’ai connu le temps où les jeunes diplômés en quête de leur premier emploi, devaient apprendre à maitriser le nœud de cravate avant de passer un entretien.
Nous étions à l’époque du plein emploi ou presque, la discrimination à l’embauche n’était pas un sujet d’actualité et le jeu favori des recruteurs consistait à demander aux jeunes d’enlever puis de remettre leur cravate pour vérifier que ce n’était pas « Papounet » qui avait fait le nœud pour eux.
Aujourd’hui, le problème est réglé puisque plus aucun jeune ne porte de cravate en entretien ou ailleurs et que cela ne leur viendrait même pas à l’idée (comme de se raser d’ailleurs…).

Messieurs les jeunes, vous l’avez donc compris, la suite de cet article ne vous concerne pas

Alors, Messieurs les plus tout à fait jeunes, l’idéal si vous passez des entretiens est d’essayer de vous renseigner sur le « dress code » de l’entreprise que vous souhaitez intégrer afin que le recruteur puisse vous imaginer y travaillant. Comme vous le savez, la reconnaissance entre professionnels du même monde passe par le vocabulaire utilisé, les références métiers mais aussi la tenue vestimentaire.
Si vous postulez dans une banque, une compagnie d’assurance, le conseil ou l’audit, la cravate qui y connait encore ses heures de gloire aura de grandes chances d’être portée et il vous faudra alors l’arborer pour avoir une chance d’intégrer le sérail. A l’inverse, une entreprise jeune ou dans les secteurs de la mode, la pub, la communication, le digital ou le sport sera hermétique à ce genre d’accessoire. Essayez par exemple de vous présenter à un entretien dans une enseigne de sport très connue en France avec une cravate et vous constaterez votre décalage quand le recruteur viendra vous chercher en tenue décontractée sur une trottinette…
Le risque en étant plus habillé que le recruteur est d’empêcher cette reconnaissance réciproque ou de déclencher ces fameux aprioris : « il est trop coincé », « il aura du mal à s’intégrer à l’équipe », « on voit bien qu’il n’est pas habitué à passer des entretiens », « il est endimanché », « il se croit supérieur », « il a un égo surdimensionné », « il veut nous en mettre plein la vue », « il ne s’est pas renseigné sur la philosophie de l’entreprise », « on voit bien qu’il a fait une grande école », « il se croit à un mariage »,…

Messieurs qui voulaient intégrer un des secteurs cités précédemment, vous l’avez donc compris, la suite de cet article ne vous concerne pas

Alors, Messieurs les plus tout à fait jeunes qui restez si vous ne savez pas où vous mettez les pieds, protégez votre cou au cas où … C’est pourquoi, il vous faut choisir une cravate neutre comme le reste de votre tenue, au moins le temps de l’entretien ! Faites comme si vous deviez passer devant des caméras et bannissez donc les couleurs vives, les rayures, les pois et tous les motifs en général. Prenez exemple sur nos hommes politiques qui ont tous le même signe distinctif, une cravate unie de couleur sombre. Et si pour une fois, ils sont tous d’accord sur un sujet c’est parce qu’il a été prouvé qu’une cravate trop bariolée empêche l’auditoire de se concentrer sur le discours de celui qui la porte. Dans le cadre d’un entretien, si vous prenez le risque d’une cravate à motifs, il y a de grandes chances que le recruteur qui vous fait face passe plus de temps à essayer de déterminer ce que représentent exactement les petits dessins qu’il aperçoit (des éléphants, des hippopotames, des monkeys ?) plutôt qu’à vous écouter lui dire à quel point vous êtes le professionnel qu’il recherche. Il agira de même si votre cravate a des tâches, probables vestiges de votre déjeuner. Choisissez donc de ne pas manger avant un entretien ou de prendre rdv le matin. Dernière recommandation pour ceux qui ne portent JAMAIS de cravate : ce n’est pas le jour de l’entretien pour vous devez vous y mettre car vous ne serez pas à l’aise et il est important d’être bien dans ses baskets et dans sa peau…du cou… face à un recruteur.

Si nous tenons compte de toutes les personnes que nous avons éliminées au long de cet article comme n’étant pas concernées par le port de la cravate, nous pouvons vraiment nous interroger sur l’intérêt de son maintien…Et si nous décidions tous, dans un grand élan de solidarité de ne JAMAIS mettre de cravate en entretien ?

Christel de Foucault, consultante RH, auteure de « Déjouez les pièges des recruteurs » aux Editions Eyrolles.
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